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Week-end 2016 Aven - Bélon

 

Ses chemins côtiers, ses petits ports, ses chaumières fleuries, sans oublier son patrimoine architectural et les personnages célèbres qui y ont vécu, ce coin du Finistère avec les rivières Aven et Bélon, avait beaucoup d'atouts pour attirer les randonneurs de La Musaraigne.

 

Brigneau1   GR34

 

Chaumieres  DoigtdeDieu2

 

 

En ce matin du 11 juin 2016, 43 "musaraignes" descendent du car venant d'Acigné. 6 personnes sont déjà sur place à Brigneau, petit port de Moëlan sur Mer. Après un léger encas constitué de galettes de Pont-Aven, nous entamons notre week-end annuel par une randonnée sur le sentier côtier de Brigneau à Kerfany sous un ciel nuageux.

 

 

Brigneau, ancien port sardinier comme en témoignent les murs encore présents de la conserverie Malachappe et les nombreux panneaux explicatifs, l'île Percée avec ses blockaus bien visibles, l'amer "à terre" de la Plage Grise, jalonnent cette demi-journée effectuée sou un ciel menaçant. Arrivés sur la plage de Kerfany sans avoir eu de pluie, nous aurons fait près de 8 km. Le pique-nique se déroule à l'abri du vent derrière le "mur de l'Atlantique".

 

Brigeau-Kerfany

 

L'après-midi, détour par les chemins creux de la campagne très arborée. Les villages de Kermen, Blorimond, Kermeur Braz nous montrent leurs maisons bien fleuries, certaines couvertes de chaume. Au détour du chemin, entourée de hautes herbes, se cache l'allée couverte de Kermeur Bihan sous ses énorme chênes.

Pause, puis nous longeons la rivière Bélon, d'abord l'anse de Lanriot avec ses carcasses de bâteaux, puis le port du Bélon (rive gauche) oû quelques bâteaux débarquent tous les jours leur pêche.

L'arrivée au centre d'hébergement, le domaine de Beg Porz, se fait sous un beau soleil, après 8 km parcourus depuis Kerfany.

 

Kerfany-BegPorz

 

Après la prise de possession des chambres place au réconfort; piscine pour certains, repos pour d'autres, apéritif pour tous : le punch de Claudine, les cannelés de Michelle, les cakes carottes de Michèle ont été particulièrement appréciés. Le repas de Beg Porz, Kig ha Farz suivi du Kouign Amann, nous a confirmé que nous étions bien dans la Bretagne profonde. Pour certains, après le repas, un aller-retour jusqu'au point de vue du Minbriz a permis de digérer un peu.

 

Le lendemain 12 juin, le trajet en car nous amenant à Pont-Aven a été agrémenté par Jean-Luc auteur d'un petit texte humoristique (ci-dessous) évoquant les personnages que nous allions croiser dans la journée.

La randonnée commence par le Bois d'Amour, bien connu des peintres de l'école de Pont-Aven, puis la visite de la chapelle de Trémalo ou l'on a pu voir des reproductions de tableaux de Gauguin. La promenade Xavier Grall au dessus des chaos de l'Aven témoigne du caractère très touristique de l'endroit; "Pont-Aven ville de renom, 14 moulins , 15 maisons" dixit Michelle (la quinzième maison est la maison du curé bien sûr).

Nous longeons l'Aven sous parfois un peu de bruine, pour arriver au lieu du pique-nique Moulin Mer. Environ 7 km de parcourus.

 

PtAven-MoulinMer

 

L'après-midi le car nous emmène juqu'à la plage de Port-Manec'h pour démarrer la rando. Cette partie du sentier côtier est bien découpée avec des rochers aux formes évocatrices comme par exemple le "doigt de Dieu" (lequel?). Passage par la plage de Rospico puis les chaumières de Kérascoët, magnifique petit village oû la plupart des maisons sont à toit de chaume. Pause au village, le café de l'ïle Verte a du succès, puis nous terminons la journée en longeant la plage de Tahiti (eh oui!). En chemin nous avons l'occasion de voir ce qu'est un vrai "amer" debout. Après 9 km parcourus depuis Port Manec'h, nous apprécions le pot final sur le parking de Raguenez.

Le retour en car a été très calme.

 

PortManech-Raguenez

 

Les photos de Claudine, André et Jean-Pierre sont visibles dans la partie [MA MUSARAIGNE].

 

Michelle Lécrivain, Claudine et Jean-Luc Girot, Michèle et Raymond Trépos

 

 

 

Humour sur les rives de l’Aven (Jean-Luc)

Quand nous avons envisagé de construire ce séjour Aven-Belon avec Raymond et les Michelles, nous n’imaginions pas devenir les « potes » de Paul Gauguin, de Xavier Grall et de copiner avec Kerouac, Glenmor, Théodore Botrel, Emile Bernard, Camille Pissarro…

Certes, on connaissait un peu leur parcours et leurs habitudes mais les croiser aussi souvent près de la chapelle de Trémalo, dans le Bois d’Amour, sur les bords de l’Aven, au bistrot de l’Enfer à Nizon, à deux pas de Botsulan où Xavier Grall décida de s’installer avec sa petite famille, franchement, nous n’avions pas pensé cela réalisable.

Eh bien si… Et nous avons décidé de vous faire partager ces nouveaux liens tissés au fil de nos découvertes. La marche de ce samedi constituait un premier pas effectué vers le rendez-vous qu’ils nous ont fixé demain. Je perçois dans vos yeux une bonne dose d’incrédulité. Quel manque de confiance envers vos hôtes. Xavier Grall, journaliste et chroniqueur à La Vie Catholique, a obtenu l’autorisation de faire une petite descente sur son « Cheval couché » pour retrouver celui qui n’était pas vraiment son ami, Per-Jakez Hélias, et son « Cheval d’Orgueil ». Ils ont prévu devant vous de débattre à nouveau de leur perception de la Bretagne qu’ils chérissaient différemment. Ils vous livreront aussi leurs points de vue sur les luttes syndicales, les blocages routiers, bref sur ces pompes qui, à défaut de remplir nos réservoirs, alimentent nos conversations et parfois nos divergences. Bernard Pivot ne sera pas présent cette fois pour animer leurs oppositions mais on sera là, nous, pour tenter de mettre du piment dans leurs débats. Et après, qui sait, irons-nous arroser leurs retrouvailles au bar de l’Enfer, à Nizon, dont les murs auraient bien des choses à raconter s’ils avaient la possibilité de s’exprimer.

Paul Gauguin aurait pu dire que les deux écrivains bretons ne pouvaient pas se voir en peinture. C’est un peu faux car Per-Jakez Hélias et Xavier Grall se réconcilièrent ensuite sur fond de mer. Et puis l’impressionniste qui, lui aussi, connut la vie de la capitale, avant d’atterrir à Pont-Aven, sur les conseils de son ami Jobbé-Duval, n’appartenait pas tout à fait au même siècle. Grall a connu le Christ Jaune mais Gauguin n’a pu lire « Le Cheval couché ».

Alors, imaginez la scène qui vous attend demain, dans la chapelle de Trémalo, ou sur les rives de l’Aven, l’un pouvant échanger avec l’autre devant une bande de témoins privilégiés, à jamais marqués par le souvenir d’une telle rencontre. Tout près de ce bois d’Amour qui doit son appellation à la vie tumultueuse et licencieuse qui s’y déroulait secrètement… Préparez vos appareils-photos, activez vos réseaux. Vous allez faire le buzz.

Pour finir, on vous soumet une petite idée. Si, tous ensemble, on décidait demain soir, après avoir longé à notre tour les rives de l’Aven, de les empêcher de repartir, de les garder là bien au chaud sur une terre bretonne qu’ils ont choisie de quitter prématurément. Le peintre pour les îles Marquises dans sa fuite de notre civilisation, le poète parce qu’il ne put réfréner son addiction pour le tabac et son amour pour une vie électrique.

Allez, un brin d’imagination, une parcelle de rêve, cela ne fait pas de mal dans ce monde agité. La Musaraigne a le pas léger, les idées longues et le cœur large…